Pox et la création

La création est un processus énigmatique qui ne répond à aucune règle. C’est bien dit. Et c’est peut-être vrai, en tout cas chez Pox.

Tous les morceaux du répertoire poxien sont totalement originaux, sans vraiment de racine identifiable, ou peut-être que si, mais alors en grand nombre, comme autant de ramifications entre aujourd’hui et les quelques décennies d’écoute de Rock’n Roll et autres mouvances assimilées. Ok, donc aucune appartenance à aucun mouvement. Pox ne fait pas du punk, Pox ne fait pas de la pop, ni du garage, ni du prog, ni de l’électro, ni du ska, ni de la new wave, ni même une éventuelle combinaison disco-punk électro-prog. Et pourtant tout ça est contenu en volutes fines et entremêlées. Ça n’est pas non plus de la chanson, même si les textes sont d’une grande beauté – la beauté n’apparaissant pas toujours sous sa forme la plus convenue, ce qui autorise l’emploi du mot « siphon » dans les paroles de l’Inverse, morceau pas encore paru à l’heure où ces lignes sont écrites. D’ailleurs, contrairement à une majorité de groupes sans doute, aucun des membres de Pox n’a écouté et n’écoute la même chose que les autres. Sans compter le fait qu’il y a un léger hiatus générationnel entre les trois membres.

Revenons à la question de la création : est-ce simplement une question de talent, de hasard, d’alchimie entre les élucubrations d’êtres légèrement supérieurs, de recettes de cuisine ?

On n’en sait foutre rien. Ce dont on peut témoigner, c’est que les plus beaux morceaux de Pox peuvent tout aussi bien provenir d’un bout de prise live en pleine impro, ou d’un travail de plusieurs heures de l’un d’entre nous auquel les autres ajoutent une touche qui conforte ou transforme la base originale, ou d’une boucle infernale apportée par l’un dont on finit par arriver à sortir trois mois après. Et le chant est toujours le grand catalyseur. On a nos préférences – Lueurs de l’autre, Milliers d’amis, Cours Vite, Le miroir aux chimpanzés, …, des morceaux qui nous donnent envie de faire le derviche tourneur ou l’hélicoptère – c’est selon, qui nous font fantasmer les spots brûlants braqués sur nos T-shirts trempés et les cris d’une foule conquise, ondulant et grognant sous les assauts de riffs inédits et merveilleux.

Au moment où ces lignes sont écrites, il y a sur les pistes quelques pépites qui ne demandent qu’à être polies, mais on sait déjà qu’elles seront jolies et si elles ne le sont pas, elles partiront à la benne.